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Les derniers chiffres clés de l’industrie pharmaceutique publiés par l’EFPIA (European Federation of Pharmaceutical Industries and Associations) illustrent le rôle indispensable que celle-ci joue en Europe au travers de ses investissements en recherche et développement. En effet, l’industrie a investi environ 30,5 milliards d’euros en R&D en 2014 ; Toutefois, selon les dernières études, davantage d’investissements s’avèrent nécessaires si nous voulons que la croissance continue en Europe [1].

La concurrence des marchés émergents et des États-Unis

Le rapport met en garde contre une progressive migration des activités économiques et de recherche vers les marchés en croissance tels que le Brésil, la Chine et l’Inde. Par exemple, en 2014 les marchés brésiliens et chinois ont augmenté de 12,6% et 11,6% respectivement par rapport à une croissance moyenne de 2,4% pour le marché européen et de 12,5% pour le marché américain.

Selon les données d’IMS Health, 57% des ventes de nouveaux médicaments lancés au cours de la période 2010-2014 ont été effectuées sur le marché américain, comparé à 25% sur le marché européen. Un autre sujet de préoccupation est la fragmentation du marché pharmaceutique de l’UE, qui a conduit au développement d’un marché parallèle lucratif, ce qui ne profite ni à la sécurité sociale, ni aux patients et prive l’industrie des ressources supplémentaires pour financer la R&D.

Le futur de l’industrie en Europe

La recherche dans l’industrie pharmaceutique est l’un des principaux employeurs du secteur des hautes technologies en Europe, employant 707 000 personnes. Cependant, des études récentes montrent qu’elle génère trois à quatre fois plus d’emplois de manière indirecte.

En outre, nombre de ces emplois sont des emplois qualifiés précieux, par exemple dans les domaines universitaires ou de la recherche clinique. Le maintien de ces emplois en Europe assure l’expertise nécessaire pour le développement de nouveaux médicaments et empêche une « fuite des cerveaux ».

La R&D est la clé

Investir dans la recherche et le développement s’avère nécessaire mais peut comporter des risques. Cela coûte plus d’un milliards d’euros pour développer une nouvelle molécule chimique ou biologique et, en moyenne, seulement une à deux des 10 000 substances synthétisées en laboratoires passeront avec succès toutes les étapes de développement nécessaires pour être commercialisées (un processus qui prend plus d’une décennie).

Les cinq principaux investisseurs en R&D en Europe pour 2014 sont l’Allemagne (6,063 Md€), la Suisse (5,048 Md€), le Royaume-Uni (4,807 Md€), la France (4,789 Md€) et la Belgique (2,493 Md€). Les investissements allemands, suisses et belges ont augmenté au cours de l’année dernière; les investissements britanniques, eux, ont diminué, passant de 5,187 milliards d’euros à 4,807 milliards d’euros.

Cependant, l’investissement en R&D est crucial car il a un impact direct sur la vie des patients à travers le développement de nouveaux médicaments et de nouvelles technologies qui peuvent accroître l’espérance de vie et améliorer la qualité de vie. Les évolutions engendrées par l’élaboration de vaccins ainsi que d’autres médicaments sont immenses.

Les vaccins ont permis l’éradication mondiale de maladies telles que la variole et l’élimination régionale de la poliomyélite et de la rougeole, mais également de sauver la vie de plus de 2,5 millions d’enfants chaque année. Depuis 1928, les scientifiques ont découvert et développé 19 classes d’antibiotiques, conduisant au traitement et à la guérison de plusieurs milliers de types d’infections et a permis de sauver plus de 200 millions de vies.

Il est également important de souligner comment l’introduction de nouveaux médicaments innovants peut avoir un double avantage pour la société : améliorer la santé et réduire les coûts d’hospitalisation et des autres soins de santé.

Les nouvelles tendances sur le marché pharmaceutique

L’un des tendances intéressantes observées concerne la production de médicaments génériques. En effet, leur part de marché est nettement plus élevée dans les nouveaux États membres de l’UE possédant des niveaux historiquement bas de protection de la propriété intellectuelle. Par exemple, 54,8% du marché pharmaceutique en Pologne est composé de médicaments génériques, comparé à 11,5% en Suisse.

Toutefois, cette tendance pourrait changer au cours des prochaines années, car les revenus des génériques devraient augmenter en 2017 pour atteindre 420 à 430 milliards de dollars, dont 70% en dehors des marchés développés[2].

Les importations, les exportations et les dépenses publiques

Le rapport de l’EFPIA montre que les exportations de produits pharmaceutiques dans les cinq principaux pays de l’UE restent identiques à l’année précédente : l’Allemagne, la Suisse, la Belgique, la France et le Royaume-Uni.

Pour les importations pharmaceutiques, l’Italie devance la Suisse et intègre le top 5 derrière l’Allemagne, la Belgique la France et le Royaume-Uni.

Les chiffres montrent surtout que la fabrication et la recherche ne sont pas directement liés; certains pays n’effectuent pas beaucoup d’investissements en recherche par rapport à leur capacité de production, tandis que d’autres ont peu d’investissement en fabrication mais beaucoup plus en recherche. L’Italie est un bon exemple, avec des investissements en production de produits pharmaceutiques qui s’élèvent à 27,461 milliards d’euros contre seulement 1,220 milliards d’euros en R&D (3ème pays européen pour la production et 7e pour la R&D).

Le rapport de l’EFPIA souligne également que les Pays-Bas viennent toujours en tête pour les dépenses publiques de santé en pourcentage du PIB (11,8%), le plus bas de l’UE étant l’Estonie (5,9%) (celles des États-Unis en comparaison représentent 16,9%). La moyenne européenne globale (9,2%), elle, n’a pas augmenté depuis l’année dernière et pour de nombreux pays les dépenses de santé sont restées les mêmes.

Et à l’avenir ?

L’industrie est entrée dans une nouvelle ère dans le développement de médicaments : la médecine personnalisée et l’importance croissante des « big data » dans les soins de santé transforment la façon dont les patients sont traités. Le rapport de l’EFPIA cite certains domaines qui restent un défi, tels que la maladie d’Alzheimer, la sclérose en plaques, de nombreux cancers et les maladies orphelines.

Cependant, les investissements croissants continueront à faire évoluer les méthodes de recherche et stimuler le progrès médical pour que les Européens vivent plus longtemps et en meilleure santé.

[1] EFPIA (2014) The Pharmaceutical Industry in figures – Edition 2015. http://www.efpia.eu/mediaroom/271/44/The-Pharmaceutical-Industry-in-figures-Edition-2015
[2] IMS Institute for Healthcare Informatics (2014) The Global Use of Medicines.

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