Exit

La table ronde organisée le mois dernier par Pharmadisclosure, une initiative multipartite soutenue par l’EFPIA, European Federation of Pharmaceutical Industries and Associations, a révélé comment l’industrie pharmaceutique devra s’adapter à une culture de la transparence de plus en plus importante, en ligne avec l’évolution des attentes de la société.

L’événement, intitulé « Going Live: Implementation of the Disclosure Code », a eu lieu le 29 janvier dernier à Rotterdam et avait pour objectif d’aider les représentants de médecins, de patients et de l’industrie pharmaceutique à se conformer au Code de Transparence de l’EFPIA.

Les discussions abordées lors de la table ronde, animée par Nefarma, association néerlandaise qui représente les entreprises pharmaceutiques engagées dans le développement et la commercialisation de médicaments nouveaux et innovants, se sont concentrées sur les prochaines étapes d’implémentation du Code. Depuis début 2015, les laboratoires pharmaceutiques européens enregistrent les paiements effectués aux professionnels et organisations de santé. Cependant, comme l’EFPIA l’a souligné, « il y a encore un travail considérable à entreprendre en 2015 afin que les laboratoires membres et les associations nationales soient prêts à se conformer au Code ».

L’événement s’intégrait à l’initiative « Responsible Transparency » de l’EFPIA, une campagne d’information auprès du public pour préparer à la mise en conformité avec le nouveau Code de Publication. Lors de la session d’ouverture intitulée « Financial disclosure and public policy », Lode Wigersma, ancien Directeur de la Royal Dutch Medical Association et Vice-Président de la Striching CGR, Fondation pour le Code de la Publicité Pharmaceutique, a donné un aperçu de la façon dont les Pays-Bas ont maitrisé la publication des liens d’intérêt financiers à travers l’autorégulation. Selon Wigersma, lancer une campagne de promotion du Code avant son implémentation est un facteur clé de succès déterminant. Le dernier sondage dans le pays montre que l’initiative a reçu une opinion favorable chez 80% des médecins interrogés.

L’événement a également mis en avant le besoin du public d’avoir accès à des informations claires concernant les paiements et leur finalité.  Il est nécessaire d’informer le public sur la nature des paiements car cela permet également de mieux informer les PS et d’améliorer la prise en charge des patients.

L’autre sujet important abordé lors de cet événement est celui de la protection des données : l’application du Code étant facultative, il est nécessaire de recueillir le consentement des professionnels de santé avant de publier les données. Selon Anne Britta Haas, Avocate au sein du cabinet Clifford Chance en Allemagne, le fait que le Code de l’EFPIA soit facultatif signifie qu’il ne prévoit pas de base juridique pour la publication. « En d’autres termes, à moins qu’il n’existe une loi exigeant la publication des données, [les laboratoires ont] besoin du consentement individuel, donné librement », a-t-elle expliqué aux participants. Cela devient particulièrement important à la lumière de la nouvelle « General Data Protection Regulation », règlementation de protection des données personnelles au niveau européen, actuellement en élaboration. Applicable dans toute l’Europe, la loi pourrait sanctionner les entreprises jusqu’à 100 millions d’euros ou l’équivalent de 5% de leur chiffres d’affaires en cas de transgression.

Andy Powrie-Smith, Responsable communication de l’EFPIA, a souligné que la profession médicale devra s’adapter aux changements de la société, qui attend davantage d’ouverture et de transparence. Selon lui, « la transparence n’est pas tournée vers le passé : c’est préparer l’avenir de la relation entre l’industrie et les professionnels de santé ».
Pour accéder à l’article, cliquez ici.

Close
Go top