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Face aux controverses sur les avantages consentis aux professionnels de santé par les laboratoires pharmaceutiques, dix laboratoires basés au Canada se sont accordés pour publier les montants versés chaque année aux professionnels et aux organismes de santé.

Ils ont, de leur propre initiative, développé un dispositif permettant d’établir un lien plus visible entre l’industrie pharmaceutique et les professionnels de santé. Plus largement, l’objectif du programme est d’aider à neutraliser les conflits d’intérêts.

Les laboratoires aux commandes

L’argent qui circule des laboratoires pharmaceutiques aux professionnels de santé a toujours fait l’objet de critiques et d’inquiétudes. Il en va ainsi pour les avantages consentis pour l’intervention lors de meetings, la participation à des groupes de recommandation ou le travail de consultant. A l’évidence, ces liens financiers peuvent influencer les habitudes de prescription. De même, les spécialistes liés à l’industrie peuvent exercer leur influence sur d’autres professionnels de santé.

Lancé par GlaxoSmithKline, ce dispositif conçu pour plus de transparence inclut également AbbVie, Amgen, Bristol-Myers Squibb, Gilead, Eli Lilly, Merck, Novartis, Purdue et Roche. Pour Paul Lirette, Président de GSK Canada, développer la confiance est fondamental et la transparence est la voie pour y arriver ; la démarche répond aux attentes du public. Le programme initié a été approuvé par Innovative Medicines Canada. Quarante autres membres, dont Pfizer, Johnson and Johnson, Bayer et Sanofi, sont prêts à rejoindre les participants de la première heure.

Une publication globale

Pour commercer, les dix laboratoires ont prévu de publier, l’an prochain, des chiffres sur l’ensemble des sommes versées aux professionnels de santé. Certains chercheurs se posent la question de l’efficacité d’une telle démarche – publier des résultats globaux, sans préciser à qui – pour atteindre l’objectif de transparence. Par opposition, il est rappelé que le « Sunshine Act » américain exige de l’industrie pharmaceutique qu’elle publie sur internet, de manière nominative, les avantages versés aux professionnels et organismes de santé.

Des chercheurs comme Sergio Sismondo, professeur à l’Université du Queens, qui étudie les liens entre les laboratoires et les professionnels de santé, et Joel Lexchin, médecin urgentiste à Toronto et professeur de droit de la santé, appellent le gouvernement canadien à suivre l’exemple américain et à mettre en place un système de publication des avantages à titre individuel.

Trois types de publication

Pour l’instant, il est prévu que les laboratoires canadiens publient des informations dans trois domaines :

  • Les avantages pour des prestations de conseil, la tenue de conférences et autres services
  • Les rétributions pour des déplacements du fait de fonctions internationales
  • Les subventions fournies aux instances de santé

Selon Edward Gudaitis, Directeur Général de Gilead Canada, en aidant les professionnels de santé à rester informés des avancées médicales, de telles relations entre laboratoires et professionnels de santé sont bénéfiques pour la santé de manière générale. Toujours selon le dirigeant, le plan conçu par les dix laboratoires constitue une avancée vers un niveau d’intégrité et de confort importants pour le public, en phase avec les souhaits de la société toute entière.

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Avantages : les chiffres américains

  • 6,45 milliards de dollars : ce sont les paiements consentis par les laboratoires pharmaceutiques professionnels et organismes de santé, incluant l’argent pour la recherche.
  • Plus de 600 000 professionnels de santé, soit deux-tiers du total, ont reçu des sommes allant de quelques dollars à plusieurs millions.

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Claire Reuillon

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